Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour des faits présumés de harcèlement sexuel impliquant l’utilisation de lunettes connectées. Des femmes auraient été filmées dans l’espace public sans en avoir connaissance, avant que certaines séquences ne soient diffusées sur les réseaux sociaux.

L’ouverture de cette enquête a été confirmée à Reuters par le parquet de Paris. À ce stade, les autorités n’ont pas précisé la marque des lunettes utilisées dans l’affaire.

Des femmes filmées discrètement dans la rue

L’affaire intervient dans un contexte de multiplication, sur les réseaux sociaux, de vidéos réalisées à l’aide de lunettes équipées de petites caméras.

Contrairement à un smartphone tenu devant soi, ces appareils peuvent ressembler à des lunettes classiques. La personne située en face de leur utilisateur peut donc ne pas immédiatement comprendre qu’une caméra est en train de filmer.

C’est l’un des problèmes identifiés depuis plusieurs mois par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

L’autorité française explique que ces lunettes peuvent enregistrer des images, des vidéos ou des sons des personnes se trouvant à proximité, parfois sans qu’elles en aient pleinement conscience. Certains modèles disposent d’un voyant indiquant qu’un enregistrement est en cours, mais la CNIL estime que ce type de dispositif d’information peut avoir une portée limitée.

La CNIL a également reçu des plaintes

Le sujet ne concerne pas uniquement les vidéos tournées dans la rue.

La CNIL a indiqué à Reuters avoir reçu des plaintes concernant l’utilisation de lunettes connectées sur le lieu de travail. Des entreprises ont également interrogé l’autorité sur la possibilité d’interdire ou d’encadrer leur utilisation.

Dès le mois de mai, la CNIL avait lancé un plan d’action consacré à ces appareils et appelé à une vigilance accrue face à leur développement.

Selon une enquête réalisée en janvier 2026 auprès de 2 128 adultes en France, 67 % des personnes interrogées considéraient les lunettes connectées comme présentant un risque pour la vie privée.

Une technologie de plus en plus discrète

Les lunettes connectées peuvent intégrer une caméra et un microphone directement dans leur monture. Elles permettent notamment de prendre des photos, filmer ou enregistrer du son sans avoir à sortir un téléphone.

Certains modèles utilisent également des systèmes d’intelligence artificielle capables d’analyser l’environnement de leur utilisateur.

Cette discrétion pose de nouvelles questions concernant le consentement et la protection de la vie privée. La CNIL rappelle que les utilisateurs doivent respecter les droits des personnes dont l’image ou la voix est enregistrée.

En France, l’article 9 du Code civil garantit le respect de la vie privée. Le Code pénal sanctionne également, dans certaines circonstances, l’enregistrement sans consentement de l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé.

L’enquête ouverte à Paris doit désormais déterminer précisément les circonstances des faits signalés et leur éventuelle qualification pénale.


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