Selon une enquête du Washington Post publiée vendredi 18 septembre, le nombre de militaires américains morts depuis le début de la guerre contre l’Iran serait supérieur au bilan actuellement accessible dans la base publique du Pentagone. Plusieurs responsables américains font état d’au moins 22 décès, voire 23.
Un bilan interne supérieur au bilan public
Cinq responsables américains familiers des données internes du département de la Défense ont déclaré au Washington Post que le nombre de militaires morts s’élevait à au moins 22, soit quatre de plus que les 18 décès apparaissant dans la base publique du Pentagone.
Un sixième responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, avance pour sa part un bilan de 23 militaires morts depuis le 28 février, date du début de la guerre lancée par l’administration Trump aux côtés d’Israël contre l’Iran.
Selon cette même source, tous les décès qui ne figurent pas dans le bilan public ne seraient toutefois pas nécessairement directement liés aux combats. Ils concernent des militaires américains présents au Moyen-Orient pendant les hostilités.
Le responsable fait également état de trois sous-traitants américains morts dans la région depuis le début des opérations.
La base publique du Pentagone recense 18 morts
Vendredi, la base de données publique du département américain de la Défense faisait apparaître 18 décès répartis entre deux catégories d’opérations.
Quatorze sont associés à l’opération Epic Fury, nom donné par l’administration américaine à son opération militaire contre l’Iran. Quatre autres sont enregistrés sous une autre appellation depuis l’effondrement du cessez-le-feu de juillet.
Pour les décès supplémentaires évoqués par les responsables interrogés par le Washington Post, les informations restent extrêmement limitées : leurs identités, les dates, les lieux et les circonstances précises de leur mort ne sont pas connus publiquement.
Plusieurs responsables ayant connaissance du bilan interne ont exprimé auprès du quotidien américain leur frustration face à l’absence de ces pertes dans le portail public.
Interrogé sur cet écart, le Pentagone n’a pas fourni d’explication au Washington Post.
Des chiffres qui avaient déjà changé
La comptabilisation des pertes américaines avait déjà suscité des interrogations.
Le nombre de morts affiché publiquement était notamment passé temporairement de 18 à 14, faisant disparaître du décompte quatre militaires tués en Jordanie et en Irak depuis la reprise des hostilités.
Le nombre de blessés avait lui aussi été modifié, passant de 482 à 420.
ABC News avait par ailleurs relevé que certains militaires présents dans la région avant le début de la guerre pouvaient administrativement être rattachés à d’autres opérations. Une différence de classification susceptible de compliquer la lecture du bilan public.
Plus de 820 militaires américains blessés
Au-delà des morts, le bilan humain pour les forces américaines est également marqué par un nombre important de blessés.
Plus de 820 militaires américains auraient été blessés depuis le début du conflit, notamment lors des frappes iraniennes visant des installations et bases américaines au Moyen-Orient. De nombreux militaires ont notamment souffert de traumatismes crâniens.
Ces chiffres interviennent alors que la conduite de la guerre est devenue un sujet politique majeur aux États-Unis, à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre.
Selon un sondage Reuters/Ipsos publié en septembre, 28 % des Américains interrogés approuvaient la gestion du dossier iranien par Donald Trump, contre 62 % qui la désapprouvaient.
Alors que le bilan public du Pentagone fait toujours état de 18 morts, les témoignages recueillis par le Washington Post font donc apparaître un bilan interne plus élevé. Le département de la Défense n’a, pour l’heure, pas expliqué publiquement cet écart.
Source principale : Washington Post, 18 septembre 2026.





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