Députés, candidats, cadres et élus locaux : Focus rassemble les déclarations, publications et comportements discriminatoires documentés parmi les candidats du Rassemblement national et de ses alliances pendant l’année 2024.
Cette compilation distingue les propos effectivement tenus en 2024 des déclarations ou publications plus anciennes remises au jour pendant les campagnes européennes et législatives. Cette distinction est essentielle : une publication de 2022 révélée en 2024 n’est pas présentée comme ayant été écrite en 2024.
Daniel Grenon — député RN de l’Yonne
Racisme / discrimination visant des Français d’origine maghrébine
« Des Maghrébins sont arrivés au pouvoir en 2016, ces gens-là n’ont pas leur place dans les hauts lieux. »
« Le Maghrébin binational a sa place en France, mais dans les hauts lieux, je ne pense pas. »
1er juillet 2024. Les propos sont enregistrés lors d’un débat dans l’Yonne. Grenon conteste toute intention raciste. Il sera par la suite exclu du groupe RN.
Marie-Christine Sorin — candidate RN
Racisme
« Non, toutes les civilisations ne se valent pas. »
Certaines seraient restées « au-dessous de la bestialité dans la chaîne de l’évolution ».
Janvier 2024. Ces publications sont recensées pendant les législatives parmi les candidatures controversées du RN.
Louis-Joseph Pecher — candidat soutenu par le RN et Éric Ciotti
Antisémitisme / sexisme
« Juif qui parle, bouche qui ment. »
À propos de Rachida Dati : « Tu as fait carrière à quatre pattes ou en braillant. »
Messages révélés en juin 2024. Pecher reconnaît que le compte X retrouvé par StreetPress lui appartient. Son soutien lui est ensuite retiré.
Thomas Lutz — élu régional RN
Référence au vocabulaire racial nazi
« Les Untermenschen, ça suffit ! »
11 avril 2024. Le terme allemand « Untermensch » (« sous-homme ») appartient au vocabulaire racial du régime nazi. Thomas Lutz présente ensuite ses regrets et affirme avoir voulu dénoncer la manière dont l’opposition était traitée.
Saidali Boina Hamissi — responsable RN à Mayotte
Racisme / xénophobie
Des Comoriens sont notamment qualifiés de « vermines » et de « cafards ».
Propos anciens révélés en 2024. Initialement annoncé sur la liste RN aux européennes, il en est finalement écarté.
Christian Perez — candidat RN dans le Finistère
Racisme / xénophobie
« J’ai cru voir des clandestins repartir chez eux et là paf, c’était que la pseudo-équipe de France qui partait au Qatar. »
Publication de 2022 révélée pendant la campagne de 2024.
Tony Bihouée — candidat RN
Xénophobie / sexisme
« Les merdes migrantes… »
D’autres messages exhumés pendant la campagne contiennent des attaques visant les parents et les mères de jeunes qualifiés de « racailles ».
Stéphanie Alarcon — candidate RN
Racisme / xénophobie
À un internaute évoquant une future « guerre civile », elle répond : « Je dirais plutôt une guerre ethnique. »
Publication exhumée en 2024.
René Lioret — député RN
Racisme
« Les racailles africaines, c’est toujours à 3 ou 4 contre 1. C’est à ça qu’on les reconnaît ! »
Une autre publication établissait un rapprochement entre les punaises de lit et les « arrivées massives de tous les pays d’Afrique ». Ces messages anciens sont exhumés pendant les législatives de 2024. René Lioret est néanmoins élu député.
Monique Griseti — députée RN
Racisme
À propos de Gims : « Qu’il retourne de là où il vient, qu’il amène toute sa tribu avec lui. »
« Qu’il aille traire la chèvre, ça nous fera des vacances. »
Publications anciennes révélées en 2024. Elle est élue députée dans les Bouches-du-Rhône.
Noël Lude — candidat RN
Stigmatisation des musulmans
Il diffuse un montage présentant un guichet de la CAF comme « le troisième lieu saint de l’islam ».
1er juin 2024.
Paule Veyre de Soras — candidate RN
Déclaration polémique sur les minorités
« J’ai comme ophtalmo un juif. Et j’ai comme dentiste un musulman. »
30 juin 2024. Elle prononce cette phrase en répondant aux accusations de racisme visant son parti.
Ludivine Daoudi — candidate RN
Symbole nazi
Une photographie ancienne la montre portant une casquette de la Luftwaffe ornée d’une croix gammée. L’image est révélée en juillet 2024. Le RN retire sa candidature. Daoudi explique que la photo avait été prise plusieurs années auparavant dans une bourse aux armes.
Julie Apricena — responsable RN et suppléante
Suprémacisme blanc / fréquentations néonazies
StreetPress retrouve une photographie la montrant portant un tee-shirt « White Pride Worldwide » et d’autres images en compagnie de skinheads. Apricena indique notamment qu’elle avait 16 ans sur certaines photographies et qu’elle ignorait alors la portée politique de certains symboles.
Pierre Gentillet — candidat RN
Publication à connotation antisémite
Dans un ancien message visant Vincent Peillon, Gentillet énumère les prénoms des enfants de l’ancien ministre avant de conclure : « Normal quoi… #laicitePS ». Le message, remis au jour en 2024, fait référence à l’identité juive de la famille. Gentillet reconnaît le tweet et rappelle qu’il avait 20 ans au moment de sa publication.
Gilles Bourdouleix — maire de Cholet, soutenu par le RN en 2024
Antitsiganisme — propos anciens
À propos de gens du voyage : « Comme quoi, Hitler n’en a peut-être pas tué assez. »
Propos tenus en 2013, remis en avant lors de son soutien par le RN en 2024. Bourdouleix n’est pas présenté ici comme maire RN : il s’agit d’un maire dont la candidature a été soutenue par le parti en 2024.
Des « brebis galeuses » ?
Pendant la campagne, Jordan Bardella tente de circonscrire les révélations à quelques « brebis galeuses ». Les investigations journalistiques montrent pourtant un ensemble beaucoup plus large. TF1/LCI recensait au moins 45 profils ayant tenu ou relayé des propos racistes, antisémites ou homophobes parmi les candidats RN et alliés étudiés. StreetPress établissait parallèlement une liste de 109 candidats « épinglés », mais dans un périmètre plus large comprenant également complotisme, anti-IVG, liens avec des mouvements radicaux ou autres controverses. Ce chiffre ne signifie donc pas « 109 candidats racistes ».
La partie 2 de cette compilation revient sur l’année 2025 : nouveaux dossiers, suites judiciaires, groupes Facebook et réinvestiture de plusieurs profils malgré la promesse de mieux contrôler les candidatures.





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