Après les dizaines de candidatures controversées révélées pendant les législatives de 2024, l’année 2025 devait permettre au Rassemblement national de démontrer qu’il avait fait le ménage. De nouvelles enquêtes ont pourtant remis en lumière des écrits, des procédures et des profils déjà épinglés.
Cette seconde partie prolonge la compilation Focus consacrée aux propos racistes, antisémites, sexistes et homophobes documentés autour du RN. Comme dans la première partie, les écrits anciens révélés en 2025 sont datés de leur période réelle lorsqu’elle est connue.
Caroline Parmentier — députée RN et vice-présidente du groupe
Racisme / antisémitisme / homophobie / sexisme
En juin 2025, Mediapart exhume de nombreux écrits anciens de Caroline Parmentier publiés lorsqu’elle travaillait au quotidien Présent. Parmi les formulations documentées figurent « lobby juif », « immigration-invasion », « islamisation forcée » ou « terrorisme antiraciste ». Des supporters sont qualifiés de « babouins ». Ses écrits comprennent également des textes visant l’homosexualité.
À propos de Simone Veil, elle avait notamment écrit : « la grosse, celle de la loi qui porte son nom ».
Écrits anciens révélés en juin 2025. Le dossier est particulièrement notable au regard de la position acquise depuis par Parmentier, proche de Marine Le Pen et vice-présidente du groupe RN à l’Assemblée. Marine Le Pen prend publiquement sa défense après les révélations.
Laurent Jacobelli — député et porte-parole du RN
Propos faisant l’objet d’une accusation de racisme
Lors d’une altercation avec le député Belkhir Belhaddad, Laurent Jacobelli lui avait lancé « Racaille », puis « Le Hamas va bien ? ». La procédure liée à ces propos se poursuit et l’affaire est jugée en 2025.
Jacobelli conteste toute motivation raciste et parle notamment d’une maladresse. Belhaddad estime au contraire que ces propos étaient liés à ses origines. Focus conserve cette contradiction : elle ne peut être transformée en constat judiciaire sans décision définitive l’établissant.
Des groupes Facebook remplis de messages racistes et violents
En 2025, plusieurs enquêtes documentent des groupes Facebook fréquentés ou administrés par des sympathisants, responsables ou élus liés au RN. On y retrouve des commentaires racistes, antisémites, homophobes et des appels à la violence.
Le Monde décrit notamment des groupes de soutien à Jordan Bardella où prospèrent des centaines de commentaires racistes ou violents, certains espaces étant administrés par des élus ou cadres du parti. Le RN indique pour sa part que ces groupes ne sont pas officiels.
Précision essentielle : la présence d’un député ou d’un élu dans un groupe ne signifie pas qu’il est l’auteur des messages publiés par d’autres membres. Les propos des internautes ne doivent donc pas être attribués aux parlementaires sans preuve de leur paternité.
Les « brebis galeuses » réapparaissent pour les municipales
Le sujet ne s’arrête pas aux législatives de 2024. À l’approche des municipales de 2026, plusieurs personnalités déjà épinglées réapparaissent dans les investitures ou les listes soutenues par le RN.
En décembre 2025, Mediapart recense environ une douzaine de candidats déjà signalés pour des propos racistes, antisémites ou homophobes ou pour des liens avec des mouvements radicaux, de nouveau investis pour les municipales.
Thomas Lutz et Christian Perez : des profils de 2024 toujours présents
Thomas Lutz, dont l’emploi du terme nazi « Untermenschen » avait provoqué une polémique en 2024, et Christian Perez, dont une publication comparant les joueurs de l’équipe de France à des « clandestins » avait été exhumée pendant les législatives, font partie des profils dont la présence dans les municipales est de nouveau relevée en 2025.
Une « dédiabolisation » confrontée à ses propres recrutements
Pris séparément, les dossiers ne sont pas identiques. Certains portent sur des propos explicitement racistes ou antisémites. D’autres sur des publications anciennes, des symboles, des fréquentations ou des déclarations dont le caractère discriminatoire est contesté. Les sanctions sont elles aussi très variables.
Mais leur accumulation sur deux années pose une autre question : celle du contrôle exercé par le parti sur ses candidats. Après les législatives de 2024, le RN avait promis de renforcer ses procédures de sélection. La réapparition en 2025 de plusieurs personnalités déjà épinglées nourrit donc directement le débat sur la portée réelle de cette stratégie de « dédiabolisation ».
Cette compilation est une archive évolutive. Focus distingue systématiquement la date du propos de la date de sa révélation, les accusations des décisions judiciaires, et les propos d’un élu de ceux publiés par des tiers dans un groupe qu’il fréquente.
À lire également : Partie 1 — RN : la compilation des propos racistes, antisémites et misogynes révélés en 2024.





Laisser un commentaire