Netanel Shukrun, tué dimanche dans une attaque en Cisjordanie occupée, était aussi de nationalité française. Un détail que le communiqué du ministère français des Affaires étrangères, publié après sa mort, avait pourtant passé sous silence.

Le 20 septembre, le Quai d’Orsay condamne « avec la plus grande fermeté l’attaque terroriste » survenue en Cisjordanie. Le communiqué parle de la mort d’« un Israélien », sans citer son nom ni évoquer sa nationalité française.

La victime, Netanel Shukrun, était père de six enfants. Il résidait à Alei Zahav, une colonie illégale israélienne implantée en Cisjordanie occupée.

Il a été visé alors qu’il se trouvait près d’une source avec son fils. Touché par balle, il est mort après son transport à l’hôpital. Son fils, lui, est indemne.

Sa nationalité française révélée deux jours plus tard

Le 22 septembre, le cabinet de Benjamin Netanyahou répond à des propos tenus par Emmanuel Macron à l’ONU au sujet du Hamas en Cisjordanie. Dans son communiqué, il revient sur le cas de Netanel Shukrun, présenté comme « citoyen français et père de six enfants ».

C’est donc par cette voie, deux jours après l’annonce française, que sa nationalité française est rendue publique. Le communiqué du 20 septembre restait également muet sur le fait qu’il vivait à Alei Zahav, une colonie israélienne.

Des colonies que la France juge pourtant illégales

La position française sur la colonisation ne fait pourtant aucun mystère : Paris considère les colonies israéliennes en territoires palestiniens occupés comme illégales au regard du droit international, et les présente régulièrement comme un frein à la solution à deux États.

Or, dans son communiqué sur l’attaque, le Quai d’Orsay ne mentionne ni le statut d’Alei Zahav, ni la présence d’un ressortissant français parmi ses habitants.

À ce jour, le ministère français des Affaires étrangères n’a donné aucune explication publique sur cette omission ni sur la nationalité de la victime, ni sur son lieu de résidence.

Résultat : deux communications officielles, deux versions. D’un côté, le Quai d’Orsay évoquait la mort d’« un Israélien » en Cisjordanie. De l’autre, le cabinet de Netanyahou a ensuite révélé qu’il s’agissait aussi d’un citoyen français.


À lire ensuite