Un jury de Burlington a rejeté la défense d’irresponsabilité pénale de Jason Eaton, 51 ans, et l’a déclaré coupable de trois tentatives de meurtre au second degré sur de jeunes Palestiniens, près de trois ans après les faits.

Les jurés ont délibéré pendant deux heures avant de rendre leur verdict, ce lundi 21 septembre 2026. Jason Eaton encourt la prison à perpétuité. La peine sera prononcée ultérieurement.

Les faits

Le 25 novembre 2023, Hisham Awartani, Kinnan Abdalhamid et Tahseen Ali Ahmad, alors âgés de 20 ans, marchaient rue North Prospect, à Burlington. Ils étaient venus voir la grand-mère et l’oncle d’Hisham pour Thanksgiving. Ils parlaient un mélange d’anglais et d’arabe, et deux d’entre eux portaient un keffieh, le foulard traditionnel palestinien.

À la barre, Hisham Awartani a raconté que l’accusé avait quitté son porche, s’était approché sans expression ni parole, puis avait sorti une arme à quelques mètres d’eux. Les trois amis ont survécu, mais Hisham est resté paralysé des jambes. Ils ont grandi ensemble à Ramallah, en Cisjordanie, avant de partir étudier aux États-Unis. Les tirs ont eu lieu quelques semaines après le début de la guerre à Gaza.

Les preuves

Jason Eaton ne contestait pas être le tireur. Les victimes n’ont pas pu l’identifier formellement, mais l’accusation a présenté des éléments matériels. Les douilles retrouvées sur place correspondaient aux munitions saisies à son domicile, et un expert a établi qu’elles avaient été tirées par le pistolet Ruger découvert dans son appartement. Un spécialiste des données téléphoniques a par ailleurs placé son portable dans le secteur au moment des tirs.

La défense : des ordres de la CIA et du Mossad

Eaton affirmait avoir agi sur ordre de la CIA et du Mossad, qui lui auraient transmis leurs messages par la radio FM, et sous l’injonction de Dieu de protéger ses voisins juifs. Son avocat a évoqué un trouble délirant apparu après la perte de son emploi dans une coopérative de crédit, deux semaines avant les faits. Le psychiatre de la défense, le Dr Fabian Saleh, l’a jugé psychotique au moment du crime.

L’experte de l’accusation, la Dr Jhilam Biswas, a soutenu qu’il n’était pas légalement irresponsable et qu’il avait conscience d’avoir pu imaginer ces ordres. Elle a aussi souligné qu’il n’avait jamais été diagnostiqué d’un trouble psychotique ou délirant. Plusieurs fois durant le procès, Eaton s’est opposé à ses avocats et a tenté de les congédier, ce que le juge John Pacht a refusé.

La question du mobile

Les victimes et leurs familles estiment avoir été visées parce qu’elles sont palestiniennes, mais le parquet n’a pas réuni de preuves suffisantes pour retenir la circonstance de crime haineux. Les jurés ont néanmoins entendu des éléments allant dans ce sens : quelques jours après les faits, Eaton avait confié à ses avocats se croire le gardien d’une maison voisine qu’il pensait être un lieu communautaire juif.

Le verdict a été annoncé en « dernière minute » par le New York Times, qui le présente comme la condamnation d’un homme pour avoir tiré sur trois étudiants d’origine palestinienne à Burlington en 2023.

Sources : Vermont Public, Associated Press, VTDigger, WBUR, New York Times.


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