« Buter des noirs et des bougnoules. » Ces mots reviennent dans de nombreux messages retrouvés par les enquêteurs antiterroristes dans les téléphones d’un adolescent de 15 ans, notamment sur Snapchat. Il y parlait aussi de s’en prendre à « tous les traîtres à la cause ».
Le jeune a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire à Paris vendredi 18 septembre pour participation à une entreprise individuelle terroriste, a indiqué le Parquet national antiterroriste (PNAT), confirmant une information du Monde. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, il envisageait une attaque « particulièrement préparée » contre son ancien lycée, dans le Rhône.
Dans sa chambre, les policiers ont retrouvé deux couteaux, une tenue militaire et une chaîne en métal de 2,50 mètres. Celle-ci devait servir à cadenasser les portes de l’établissement, afin d’y poignarder un maximum d’élèves, selon ses propres dires. Ce projet, il l’avait avoué et détaillé dès mai, en garde à vue, après avoir été dénoncé par un camarade inquiet de ses dérives ultraviolentes.
Son explication a glacé les enquêteurs. Fasciné à la fois par les tueries de masse dans les lycées américains et par les pires attentats racistes d’ultradroite, il se dit aussi marqué par la mort de Quentin Deranque, jeune militant lyonnais d’extrême droite battu à mort par un groupe d’ultragauche en février dernier. Une source proche de l’enquête évoque une idéologie « avec des marqueurs plutôt d’ultradroite » et une intention de « cibler de manière indifférenciée les élèves » d’un lycée dont il avait été exclu. Aucune date n’avait toutefois été fixée.
Ses aveux de mai l’avaient conduit en hôpital psychiatrique. L’enquête, d’abord dirigée par le parquet de Lyon, a ensuite été reprise par le PNAT. Ce sont les messages découverts dans ses téléphones qui ont justifié son retour en garde à vue à sa sortie d’hospitalisation, cette semaine, avant son placement dans une structure spécialisée.
Le PNAT avait demandé sa détention provisoire. Le jeune est finalement sous contrôle judiciaire : il doit respecter les conditions d’un placement éducatif et se soumettre à un suivi psychologique ou psychiatrique. Le parquet a aussi réclamé l’interdiction de détenir une arme. Son avocat, Me Eliott Amzallag, a insisté auprès de l’AFP sur la nécessité pour les services éducatifs de l’accompagner « dans sa reconstruction pendant que l’information judiciaire se poursuit ».
Une information judiciaire a été ouverte pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes, après une enquête préliminaire lancée le 15 septembre. Le jeune reste présumé innocent.
Source : RTL, AFP, Le Monde





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