Une députée écologiste a saisi l’Arcom après les propos tenus par Éric Zemmour sur Kylian Mbappé. Invité de BFMTV jeudi 17 septembre, le président de Reconquête a commenté la polémique née en Espagne autour d’un tee-shirt de soutien aux habitants de Ceuta.

Un tee-shirt, un slogan, une polémique

Tout part du match Elche-Real Madrid, mardi 15 septembre. Avant le coup d’envoi, les joueurs reçoivent un tee-shirt floqué du slogan « Todos somos Caballas », en soutien aux habitants de Ceuta. Cette ville autonome espagnole, située en Afrique du Nord, fait face à une importante crise migratoire.

Kylian Mbappé, Ibrahima Konaté et Vinícius Júnior ont porté le vêtement, mais de façon à ne pas laisser apparaître le message en entier. Ce détail a suffi à relancer le débat.

« Je ne parle pas de religion, je parle de civilisation »

Deux jours plus tard, sur le plateau de BFMTV, Éric Zemmour s’en prend directement au capitaine des Bleus. « On voit bien que la solidarité qui naît dans les banlieues, la solidarité islamique pour tout dire, est supérieure à la solidarité française ou même de son pays d’accueil, l’Espagne », lance-t-il.

Il précise ensuite : « Je ne parle pas de religion, je parle de civilisation », avant de parler d’une solidarité « arabo-musulmane, ou africaine ». Selon lui, Kylian Mbappé « prend parti pour les migrants, contre les Espagnols » et « aurait pu se taire ».

Mbappé s’était déjà expliqué

Le joueur avait pourtant donné sa version au quotidien espagnol AS. L’attaquant du Real Madrid s’y disait « pleinement solidaire de Ceuta et de toutes les victimes ». Il ajoutait vouloir aussi avoir « une pensée » pour les migrants morts ou vivant dans des conditions difficiles. Il a expliqué ne pas vouloir hiérarchiser les souffrances.

Une députée écologiste saisit le régulateur

Ces déclarations ont fait réagir à gauche. Léa Balage El Mariky, députée écologiste de Paris, a annoncé avoir saisi l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel.

Dans sa saisine, transmise à l’AFP, l’élue reproche à Éric Zemmour des propos qu’elle qualifie de « racistes et xénophobes ». Elle estime que ceux visant Kylian Mbappé relèvent de « l’appel à la haine et de la stigmatisation ». Elle regrette aussi l’absence de « modération significative » de la part des journalistes présents.

Ces qualifications sont celles de la députée. Elles ne constituent pas, à ce stade, une décision de l’Arcom ni d’une juridiction.

Pas de sanction à ce stade

Une saisine n’entraîne pas automatiquement de procédure ni de sanction contre BFMTV. L’Arcom peut examiner la séquence et vérifier si la chaîne a respecté ses obligations, notamment sur la maîtrise de l’antenne. À l’heure où nous publions, aucune sanction n’a été annoncée.

Cette affaire survient quelques jours après les vives critiques de responsables et de militants d’extrême droite envers Kylian Mbappé, à la suite de son geste à Ceuta.


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