Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé ce samedi 19 septembre que le président Isaac Herzog avait accepté d’effacer le casier judiciaire d’Elor Azaria, l’ancien soldat condamné pour avoir tué un Palestinien blessé à Hébron. Katz présente la décision comme un geste de pardon.
Les faits, en 2016
Le 24 mars 2016, à Hébron, en Cisjordanie, Abdel Fattah al-Sharif, 21 ans, participe avec un autre Palestinien à une attaque au couteau contre un soldat israélien. Des militaires ouvrent le feu et al-Sharif est touché. Il reste étendu au sol, blessé et neutralisé.
Quelques minutes plus tard, Elor Azaria, soldat de la brigade Kfir, s’approche et lui tire une balle dans la tête. La scène est filmée. La vidéo devient l’une des plus controversées de l’histoire récente de l’armée israélienne et débouche sur un procès devant la justice militaire.
En janvier 2017, Azaria est reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à dix-huit mois de prison. Le chef d’état-major ramène ensuite la peine à quatorze mois. Il sort de prison en mai 2018, après neuf mois de détention.
Une demande soutenue par le ministre
En juillet 2026, Azaria demande que la durée d’inscription de sa condamnation à son casier soit raccourcie. Sans intervention présidentielle, celui-ci aurait été effacé automatiquement vers 2032.
Israël Katz apporte alors son soutien personnel à la démarche et écrit à Isaac Herzog. Selon lui, après dix ans et une peine purgée, Azaria doit pouvoir reconstruire sa vie. L’armée, elle, s’y oppose : elle rappelle notamment que l’ancien soldat n’a jamais exprimé de remords.
Ce 19 septembre, Katz affirme que le président a suivi sa recommandation.
Dans son message, le ministre félicite Isaac Herzog et présente cette décision, prise à l’approche de Yom Kippour, comme un geste de pardon qui permet à Azaria d’« ouvrir une nouvelle page ». Il y voit aussi un signal adressé aux soldats et à leurs familles : « nous n’abandonnons pas nos combattants ».
Deux lectures d’une même affaire
Pour les défenseurs d’Azaria, l’ancien soldat a été jugé, condamné et emprisonné, et il n’a pas à porter indéfiniment les conséquences de sa condamnation. C’est l’argument que reprend Israël Katz.
Reste que l’effacement du casier ne change pas les faits établis : la vidéo montre un homme blessé au sol, puis un soldat qui lui tire dans la tête, et un tribunal militaire israélien a reconnu Azaria coupable de ce tir.
Elor Azaria peut donc, selon les mots du ministre, tourner la page. La famille d’Abdel Fattah al-Sharif, elle, n’a pas de casier à effacer. Elle a une tombe.





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