La remise de l’Ordre national du Mérite à Amir Haddad ne passe pas inaperçue. Mardi 15 septembre, le chanteur franco-israélien a reçu les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite des mains d’Aurore Bergé. Depuis la diffusion des images, la cérémonie suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes s’interrogeant notamment sur les raisons de cette distinction.

Contrairement à ce que certaines réactions peuvent laisser entendre, Aurore Bergé n’a pas décidé seule de décorer le chanteur. Amir Haddad avait été officiellement nommé chevalier par un décret du 15 mai 2026, publié au Journal officiel. Le texte mentionne l’auteur-compositeur-interprète au titre de ses « 20 ans de services ». L’Ordre national du Mérite récompense des « mérites distingués » acquis dans une activité publique, civile, militaire ou privée.

Son passé en Israël au cœur des critiques

Une partie de la polémique porte sur le parcours israélien d’Amir. Né à Paris, le chanteur a vécu en Israël à partir de l’enfance et y a effectué son service militaire obligatoire, atteignant le grade de sergent-chef dans les services de renseignement de l’armée israélienne.

D’autres épisodes sont également remis en avant. En 2014, Amir avait participé à un concert dans une colonie à Hébron, ainsi qu’à une soirée de soutien aux soldats israéliens organisée par Yoni Chetboun, ancien député du parti nationaliste HaBayit HaYehudi. Ces éléments avaient déjà alimenté les appels au boycott de sa participation aux Francofolies de Spa.

Sur X, plusieurs internautes demandent désormais ce que le chanteur a accompli pour justifier une distinction nationale française. Le post de Focus consacré à la cérémonie dépassait 163 000 vues dans la nuit de mercredi à jeudi, avec plus de 560 réponses, selon les statistiques visibles sur la publication.

Aurore Bergé défend la distinction

Lors de la cérémonie, la ministre a au contraire présenté cette décoration comme la reconnaissance du parcours culturel français d’Amir. Elle a notamment évoqué sa carrière, son passage à l’Eurovision pour représenter la France et les polémiques dont il a fait l’objet.

Aurore Bergé a déclaré qu’« Amir a beaucoup donné à la France », avant de conclure : « Ce soir, la République l’honore et lui dit : merci. »

La distinction est donc officielle depuis plusieurs mois. Mais sa remise publique, dans un contexte où la guerre génocidaire à Gaza et le rôle de l’armée israélienne restent au centre de fortes tensions politiques et sociales, a suffi à relancer les controverses entourant le parcours du chanteur.


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