La polémique autour de la garde à vue de Rima Hassan rebondit. Plusieurs témoignages recueillis par Complément d’enquête affirment que Laurent Nuñez a contribué à alimenter les fuites autour d’une prétendue détention de drogue. Les analyses ont ensuite écarté la présence de drogue de synthèse. LFI réclame désormais sa démission.
Tout part de la garde à vue de Rima Hassan, en avril dernier.
Très rapidement, une information particulièrement sensible se retrouve dans la presse : l’eurodéputée aurait été trouvée en possession d’une substance pouvant s’apparenter à de la 3-MMC, une drogue de synthèse.
L’information fait immédiatement du bruit. Le nom de Rima Hassan se retrouve associé à cette drogue alors que les vérifications ne sont pas terminées.
Puis les résultats tombent : les analyses ne confirment finalement pas la présence de drogue de synthèse. Le Monde a rapporté que les cristaux blancs suspectés d’être de la 3-MMC étaient constitués à 82 % de CBD. La procédure ouverte sur les stupéfiants a ensuite été classée sans suite.
Qui a alimenté les fuites ?
C’est la question à laquelle Complément d’enquête s’est intéressé.
Selon l’émission, plusieurs témoignages affirment que Laurent Nuñez a contribué à alimenter les fuites autour de cette prétendue détention de drogue.
Une mise en cause particulièrement sensible pour un ministre de l’Intérieur.
À ce stade, il faut cependant être précis : les témoignages rapportés par Complément d’enquête mettent Laurent Nuñez en cause, mais ils ne constituent pas à eux seuls la preuve définitive de sa responsabilité dans les fuites.
Ce qui est établi, en revanche, c’est que la suspicion initiale concernant la 3-MMC a été écartée par l’expertise.
Entre-temps, l’information avait déjà circulé
Pendant plusieurs jours, l’information avait déjà été reprise dans l’espace médiatique.
Des rapporteurs spéciaux de l’ONU se sont eux-mêmes intéressés à la chronologie de l’affaire. Selon un courrier rapporté par Le Monde, les analyses complémentaires étaient disponibles dès le 4 avril, alors que l’absence de stupéfiants et le classement sans suite de ce volet n’ont été annoncés publiquement que le 9 avril.
Entre-temps, le nom de Rima Hassan avait déjà été publiquement associé à une drogue de synthèse.
LFI demande maintenant la démission de Nuñez
Après les révélations de Complément d’enquête, l’affaire est devenue directement politique.
La France insoumise réclame désormais la démission de Laurent Nuñez.
Au-delà de cette demande politique, plusieurs questions restent posées : d’où venaient précisément les informations transmises à la presse ? Qui les a communiquées ? Et quel rôle Laurent Nuñez a-t-il réellement joué ?
Ce sera aux investigations et aux éléments recueillis de permettre d’y répondre.
Mais un point est désormais documenté : la substance blanche présentée comme pouvant être de la drogue de synthèse n’en était pas.
Plusieurs mois après les faits, ce n’est donc plus seulement cette information initiale qui fait polémique. C’est désormais la manière dont elle a pu se retrouver dans l’espace public qui est au cœur de l’affaire.
Sources : franceinfo / Complément d’enquête ; Le Monde.




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