Une école primaire clairement identifiable, plus de 150 morts, dont environ 120 enfants selon les autorités iraniennes, et aucune preuve que le bâtiment était utilisé à des fins militaires. Les conclusions dévoilées ce 17 septembre par une mission internationale indépendante de l’ONU mettent directement en cause les États-Unis.
Les enquêteurs affirment avoir des « motifs raisonnables » de croire que les forces américaines sont responsables de deux frappes menées en Iran le 28 février et que celles-ci constituent des crimes de guerre.
Une école primaire frappée
Le cas le plus lourd concerne l’école primaire Shajareh Tayyebeh, à Minab. Plus de 150 personnes y ont été tuées, parmi lesquelles environ 120 écoliers, selon les autorités iraniennes.
La mission de l’ONU souligne surtout un élément particulièrement grave : l’établissement était un bâtiment civil clairement identifiable et les enquêteurs disent n’avoir trouvé aucune preuve qu’il était utilisé à des fins militaires.
Selon le rapport, les forces américaines disposaient d’informations faisant état de la possible présence d’un haut responsable militaire iranien dans le secteur. Mais elles n’auraient pas suffisamment actualisé leurs renseignements ni confirmé que l’école constituait réellement un objectif militaire avant de frapper.
Pour les enquêteurs, il ne s’agit pas d’une simple négligence. Ils estiment que les États-Unis ont frappé le bâtiment tout en étant conscients du risque important de toucher un objectif civil. La mission considère donc cette attaque comme indiscriminée et estime qu’elle constitue un crime de guerre au regard du droit international.
Les explications américaines confrontées aux conclusions de l’enquête
Donald Trump avait affirmé en juin que « personne » n’avait intentionnellement attaqué une école de filles en Iran, en évoquant une enquête sur le bombardement.
Mais une première enquête interne de l’armée américaine, révélée par Reuters, avait déjà conclu que les forces américaines étaient probablement responsables de la frappe meurtrière de Minab. Le Pentagone a depuis approfondi son enquête. Ses conclusions préliminaires n’ont toujours pas été rendues publiques.
Le rapport de la mission de l’ONU va aujourd’hui plus loin : les enquêteurs estiment disposer de motifs raisonnables pour attribuer la frappe aux forces américaines et considèrent que les conditions dans lesquelles elle a été menée correspondent à un crime de guerre.
Une deuxième frappe américaine mise en cause
Minab n’est pas le seul cas examiné. La mission s’est également penchée sur une frappe ayant touché un complexe sportif à Lamerd. Des bâtiments résidentiels ainsi qu’une école située à proximité ont été endommagés et 22 civils auraient été tués ou blessés.
Là encore, les enquêteurs considèrent la frappe comme indiscriminée et estiment qu’elle constitue un crime de guerre. Le commandement central américain avait pourtant affirmé en mars que les forces américaines n’avaient effectué aucune frappe dans la ville de Lamerd ce jour-là. Les conclusions de la mission viennent donc directement contredire cette version américaine.
Washington appelé à rendre des comptes
La mission internationale n’est pas un tribunal et ses conclusions ne constituent donc pas une condamnation judiciaire des États-Unis.
Elles n’en restent pas moins particulièrement graves : un organisme d’enquête mandaté par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU estime disposer de motifs raisonnables de croire que les États-Unis ont mené deux attaques indiscriminées constituant des crimes de guerre.
Ses conclusions pourront également servir dans de futures enquêtes pénales devant des juridictions nationales ou internationales. Le rapport doit désormais être présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.
De leur côté, les responsables américains ont précédemment assuré que leurs opérations militaires respectaient le droit des conflits armés. La mission américaine à Genève n’avait pas immédiatement répondu aux demandes de réaction de Reuters après la publication des conclusions.





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