C’est un seuil hautement symbolique que l’Espagne vient de franchir dans le bon sens. En juillet 2026, sa dette publique est repassée sous les 100 % du PIB, après avoir culminé autour de 124 % en mars 2021, en pleine crise sanitaire.

En cinq ans, le pays a donc réduit de plus de vingt points le poids de sa dette par rapport à son économie. Une évolution d’autant plus notable que, de l’autre côté des Pyrénées, la dette française dépasse désormais 117 % du PIB.

L’Espagne a progressivement effacé le choc du Covid

Comme presque partout en Europe, la pandémie avait brutalement détérioré les comptes publics espagnols. Le pays était cependant parti d’une situation particulièrement difficile, avec une dette représentant près de 120 % du PIB en 2020.

Depuis, la trajectoire s’est inversée. Le ratio est passé de 119,3 % en 2020 à 115,7 % en 2021, puis 109,3 % en 2022, 105,2 % en 2023 et 101,6 % en 2024. Le passage sous les 100 % constitue donc l’aboutissement de plusieurs années de baisse progressive.

Cette amélioration ne signifie pas que Madrid a remboursé un quart de sa dette. Le ratio dépend aussi de l’évolution du PIB. La croissance économique espagnole a joué un rôle majeur, tout comme la réduction progressive du déficit public.

Une économie espagnole qui a davantage progressé

C’est l’une des grandes différences avec la France. Ces dernières années, l’Espagne a bénéficié d’une croissance économique plus dynamique, ce qui permet mécaniquement de réduire le poids de la dette rapporté au PIB.

La Commission européenne avait d’ailleurs déjà anticipé cette trajectoire et prévoyait que la dette espagnole passerait sous les 100 % du PIB en 2026, avant de poursuivre progressivement son recul.

L’Espagne reste néanmoins lourdement endettée. Passer sous les 100 % ne signifie donc pas que la question de la dette publique est réglée.

Pendant ce temps, la dette française continue d’augmenter

C’est surtout la comparaison des trajectoires qui retient l’attention. Alors que l’Espagne s’éloigne progressivement du pic atteint pendant le Covid, la France connaît depuis plusieurs années le mouvement inverse. Après avoir reculé jusqu’en 2023, le ratio français est reparti à la hausse.

Au premier trimestre 2026, la dette publique française atteignait 3 536 milliards d’euros, soit 117,6 % du PIB, selon Eurostat. La différence entre les deux pays dépasse désormais une quinzaine de points de PIB.

Deux trajectoires qui se sont inversées

En 2021, l’Espagne apparaissait encore plus endettée que la France. Cinq ans plus tard, Madrid est repassé sous les 100 % tandis que Paris dépasse les 117 %.

Le résultat espagnol repose en partie sur un élément essentiel : la croissance. Une économie qui progresse permet de faire diminuer plus rapidement le ratio dette/PIB, même lorsque l’encours de dette reste considérable.

Cela n’efface ni les déficits ni les difficultés budgétaires de l’Espagne. Mais le passage sous les 100 % marque malgré tout une étape importante dans la réduction du poids de la dette accumulée pendant la crise sanitaire.

Sources : Eurostat, Commission européenne, INSEE, Banque d’Espagne


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