L’ancien ambassadeur britannique auprès de l’ONU Jeremy Greenstock déclare que Tony Blair a demandé à l’Autorité palestinienne de retirer le mot « Palestine » de plusieurs manuels scolaires. Mahmoud Abbas a refusé. L’entourage de l’ancien Premier ministre britannique rejette ces accusations.
Le mot « Palestine » devient le centre d’une nouvelle controverse diplomatique. Jeremy Greenstock, ancien ambassadeur britannique auprès des Nations unies, affirme que Tony Blair a reçu l’ordre de demander à l’Autorité palestinienne de retirer ce terme de plusieurs manuels scolaires.
Dans un entretien avec Middle East Eye, l’ancien diplomate britannique indique que Tony Blair s’est rendu à Ramallah pour remettre cette demande au président palestinien Mahmoud Abbas.
Selon Greenstock, il s’agissait de remplacer le mot « Palestine » par « Samarie » dans certains contenus scolaires. Mahmoud Abbas a refusé cette demande.
Une question qui touche directement l’identité palestinienne
Au‑delà d’une simple modification de vocabulaire, l’accusation porte sur une question très sensible pour les Palestiniens : la façon dont leur territoire, leur histoire et leur identité nationale sont nommés et enseignés.
L’utilisation du terme « Samarie » n’est pas neutre. Cette appellation biblique sert les autorités et une partie de la classe politique israélienne dans l’expression « Judée‑Samarie » pour désigner la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
Si le récit de Greenstock est exact, la demande faite à Mahmoud Abbas dépasse le simple cadre d’une réforme pédagogique. Elle touche directement les termes que les Palestiniens utilisent pour désigner leur propre territoire.
Tony Blair dément
L’entourage de Tony Blair rejette catégoriquement cette version.
Un porte‑parole de l’ancien Premier ministre britannique a qualifié les affirmations rapportées par Middle East Eye de « pure invention ».
À ce jour, aucun document public ne confirme le témoignage de Jeremy Greenstock. Il faut donc séparer les faits avérés des accusations : Jeremy Greenstock dit que la demande a été faite ; les proches de Tony Blair affirment qu’elle n’a jamais existé.
Tony Blair, un visage connu de la diplomatie au Moyen‑Orient
Tony Blair a été Premier ministre du Royaume‑Uni de 1997 à 2007. Il a conduit le Royaume‑Uni aux côtés des États‑Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003.
Après avoir quitté le gouvernement, Tony Blair est devenu envoyé du Quartet pour le Moyen‑Orient, groupe composé des États‑Unis, de l’Union européenne, de la Russie et des Nations unies. Il a occupé ce poste pendant plusieurs années.
Les propos de Jeremy Greenstock placent aujourd’hui Tony Blair au cœur d’une question politique : le droit des Palestiniens à choisir les mots qui décrivent leur terre et leur histoire.
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