Visé par une plainte déposée le mardi 29 juillet 2026 auprès du Procureur de la République près le Tribunal judiciaire de Paris, le journaliste et éditorialiste Jean Quatremer se retrouve directement dans le collimateur de la justice pour harcèlement en ligne. Cette action en justice, menée par Maître Vincent Brengarth pour le compte de la députée européenne Rima Hassan, cible également d’autres utilisateurs du réseau social X impliqués dans la même campagne.
Une campagne ciblée et des publications massives
Selon le communiqué de l’avocat, la députée européenne fait l’objet d’un usage récurrent et systématique des surnoms dégradants « Rima Hamas » et « Lady Gaza » en lieu et place de son nom et de son mandat depuis son élection en juin 2024.
Les chiffres versés au dossier mettent en cause l’activité en ligne de Jean Quatremer :
Un rapport accablant : Un rapport établi pour la procédure analyse le compte X du journaliste entre le 1er juin 2025 et le 31 mai 2026.
Une surexposition : Durant cette période, Rima Hassan y a été mentionnée à 157 reprises, faisant d’elle la quatrième personnalité la plus citée sur ce profil.
Une large audience : Ces publications ont cumulé 5,7 millions de vues sur la plateforme.
Les qualifications pénales et circonstances aggravantes
La plainte appuie son argumentaire sur l’article 222-33-2-2 du Code pénal réprimant le harcèlement en ligne, en qualifiant les agissements de « raid numérique ». Deux circonstances aggravantes majeures sont retenues : les faits ont été commis via un service de communication au public en ligne, et la victime est titulaire d’un mandat électif public en tant que députée européenne.
Maître Vincent Brengarth insiste sur le fait que ces agissements dépassent largement les limites de la liberté d’expression et du débat démocratique. Le conseil souligne qu’« nul, fût-il journaliste ou pourvu d’une large audience, ne saurait s’exonérer des conséquences pénales d’une participation à une campagne de harcèlement en ligne ».
Il appartiendra dorénavant aux services d’enquête d’identifier l’ensemble des auteurs des publications visées et de fixer les responsabilités pénales encourues.


